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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 16:07
 
Tout travail mérite salaire, sauf le mien (artiste peintre)
 
  compil
 
par Ariane Lumen
 
 
 
Vers 19 heures, ce dimanche 25 juin le téléphone sonne, et un monsieur au demeurant très aimable se présente comme président d'une association du Lot, Quercy Beaucoup. Après les formules de politesse ce monsieur m'explique que son association organise chaque mercredi à partir de 15 heures un marché d'artisanat, enfin de l'art, suivi d'un diner « de plein aire », autrement dit « des bouquets de saveurs à savourer sur place autour de grandes tables et avec des amis ». Des amis ? A ma connaissance je ne connais personne du côté de Gourdon, et encore moins dans l'admirable village de Payrac. « Ambiance Musicale », ajoute le président.
 
 
 
Je ne sais pas comment ce Monsieur le Président m'a trouvé, moi Ariane Lumen, petite artiste peintre de la Dordogne où je suis mondialement connue, au moins 7 km à la ronde. Après avoir transporté mes tableaux au fin fond du monde, Corée du Sud, Ile de la Réunion, préparant des choses pour Amsterdam en 2013, j'ai une chance unique, le mot est faible, de montrer ce que je sais faire dans le Lot, à Payrac. A Payrac où pour la première fois on organise ce type de manifestation et « où l'on attend la foule «  ! D'après le président j'aurais ainsi une occasion unique de me faire connaître ! Mes oreilles se dressent devant autant de perspectives glorieuses et je le laisse parler.
 
 
 
Il m'explique avoir pensé à moi, Ariane Lumen, car il aime bien ce que je fais. « Vous faîtes aussi un peu de photos, je crois » souffle-t-il, « vous ne faîtes pas de copies » et ajoute qu'il ne souhaiterait pas que je vendrais des choses « Made in Taiwan » . D'ailleurs, il le précise les revendeurs sont exclus dans sa manifestation . De plus à part exposer, je ne dois rien faire d'autre et surtout pas vendre : la vente à emporter est interdite, c'est prévu au règlement.
 
 
 
On arrive à la douloureuse. En me demandant où j'habite on se rend compte que Payrac est à l'autre bout du monde, à savoir à 90 km à peu près, mais après l'ile de la Réunion je ne suis pas à cela près, n'est-ce pas ! « Mais, vous allez voir : cela en vaut largement le coup ». Pour participer il faut envoyer la somme de 15 €. Si je participe à toutes les manifestations, il faut envoyer 100 €, mais, comble du bonheur : je serai la seule et unique artiste peintre. Super super ! Moi Ariane Lumen l' orgueilleuse , le tout Payrac à moi toute seule. J'en avais rêvé !
 
 
 
« Par contre », enchaîne-t-il, » aucune indemnisation n'est prévue, c'est à vos frais, sur place vous aurez de quoi vous restaurer et bien plus encore « . L'offre jusqu'à là bien présentée prend alors une autre dimension. « Votre compagnon fait de la musique, il joue d'un instrument ? Alors vous pourriez lui en parler, car ce n'est pas plus mal qu'il animerait, bien sûr contre ( une petite ) rémunération, les soirées « . Là je tombe presque de ma chaise, comment sait-il, ce vénérable Monsieur le Président que mon compagnon est un pro de la musique , retiré, certes. Même contre paiement il n'a plus envie de se produire et encore moins dans ce genre de manifestation, bien plus adapté à Yvette Horner, qu'au pauvre pianiste qu'il est !
 
 
 
« Celui – là, je suis d'accord pour l'indemniser « , dit-il, « CAR TOUT TRAVAIL MERITE SALAIRE.........je paye bien mon plombier, mon électricien, bref ceux qui travaillent « 
 
Monsieur Guy-Antoine VEILLET-LAVALLEE, honorable président de l'association Quercy Beaucoup, vient de me faire l'offre que je ne saurais refuser.
 
 
 
En fait il est en train de m'expliquer que les artistes peintres et les plasticiens ne travaillent pas, qu'ils devraient être contents de pouvoir exposer devant des assistances aux profils douteux, et que l' effort financier n'est qu'une goutte d'eau dans les torrents de billets qui vont couler pour moi, tellement que mon talent est immense, mais que j'avais du talent, cela je le savais déjà, moi Ariane Lumen la prétentieuse !
 
Bon, mes enfants sont à ce moment – là toujours dans le bain. Le président toujours aussi aimable me promet d'envoyer les documents nécessaires à mon indispensable participation, et moi je lui promets de lui répondre.
 
 
 
Les Documents
 
 
 
Les documents de participation arrivent par email. Une petite affiche indiquant les dates, que cela se tient dans le parc des Cèdres. Un règlement digne d'un centre d'éducation pour délinquants. Mais moi, j'essaye de vivre de mon art, et croyez – moi tout professionnelle que je suis je puis vous assurer qu'en période de crise vendre un tableau tient de l'exploit au même titre que l'équipe de France dans un match de football, quand elle gagne par hasard. Les footballeurs se font payer, même quand ils perdent. Je l'ai lu dans un journal. En fait on organise à Payrac un marché gourmand qui ne dit pas son nom. La vente à emporter est interdite selon le vénérable règlement, mais vous pouvez consommer sur place. Consommer des tableaux, surtout les miens à l'acrylique, c'est carrément indigeste. Une Fille de Bacchus n° 9 dans son assiette est vachement raide à digérer, ainsi qu'un Masburel's Children, en honneur de l'excellent Château Masburel (Haut Montravel – Bergerac) du vin que je ne peux conseiller que dans un verre !
 
 PA280001
 
Les marchands, vendent, règlent leur droit de place, les consommateurs consomment, le musicien joue de la musique. Le pauvre peintre regarde tout cela, pense à ses pauvres enfants qui, comble de bonheur, vivent dans un environnement baigné de culture ! Rien qu'à l'idée je commence à avoir faim. Je pense à mon fabuleux contrat coréen, où tout est prévu, l'hôtel, la bouffe, l'expo, même la télévision y est prévue pour moi la toujours pauvre petite artiste peintre périgourdine. Les coréens paient même le billet d'avion, alors que pour aller à Payrac je n'ai même pas de quoi mettre de l'essence dans ma Clio rouge, qui elle n'en peut plus aussi !
 
 P4210061
 
Cela remonte à peu........
 
 
 
que j'avais décidé de ne plus me produire dans les kermesses locales, les salles de fêtes et autres paroissiales, même plus pour faire plaisir (quel plaisir). Je laisse la place à mes collègues rarement copines déjà à la retraite qui d'après une carte postale reproduisent à l'huile ou aquarelle des bouquets de fleurs, le Château de Monbazillac (un must), les bords de la Dordogne et de paysages avec des vignobles. Je laisse la place aux copistes de dimanche, leurs pâles prestations avec leur chat préféré, que ces mêmes artistes arrivent à vendre pour 80 €, après une heure de bla bla digne d'un comptoir de bistrot .en attendant que leur souvent généreuse retraite tombe chaque 10 du mois.
 
  aff monpazier
 
Je ne me ferai pas que des ami(es) avec mes propos, mais que l'on sache tous quelque chose de moi : je n'en ai rien à faire que l'on m'aime ou pas ! J'aime être bien comprise, dont acte. Celui qui veut un de mes tableaux : qu'il vienne me voir, où qu'il visite mes lieux d'exposition : actuellement le Château de Masburel, le Bistrot d'Urval, au mois d'août à Monpazier.
 
 
 
Mon activité est déclarée, je paye un peu de cotisations sociales, j'ai un mal fou de vivre de mon travail – c'est la crise, n'est – ce pas . Bon nombre de ses retraités bouffent le travail des artistes déclarés, prennent leur place. Les organisateurs nous prennent pour des moins que rien, car moi, je ne fait pas un travail.
 
 
 
Je fait ici un appel aux artistes professionnels, nous devons absolument nous fédérer et lutter contrer ces pratiques abusives et des organisateurs qui se fichent du monde. Signaler les abus, dénoncer ces pratiques abusives. Aussi je vous conseille un lien internet www.droitdexposition.blogspot.fr et j'attends vos commentaires. Je suis sûre que mon histoire arrive à d'autres.
 
P9020025 aff blanc
 
 
contact alume@orange.fr
 
Monsieur Guy-Antoine VEILLET-LAVALLEE épouvra le besoin de me répondre. C'est ce qu'il faisait par email le mardi 26 juin prouvant  en même temps que je ne manque n'y de courage et d'honnêteté ! Ci-dessous le texte reproduit dans son intégralité, et enfin àa la suite de cela la réponse (la mienne) de la bergère au berger. 
    
De: <gavl@free.fr>
À: "Ariane Lumen" <alume@orange.fr>
Objet: Re: Mercredi de Payrac
Date: mardi 26 juin 2012 11:33
 Bonjour Madame,
 J'ai bien lu votre long réquisitoire par lequel vous dénoncez ma démarche et me
faites passer pour un bien triste sire.
 Je pense que vous n'avez rien compris à la "proposition" (si je reprend votre
terme) que je vous ai faite.
 J'ai découvert votre nom par internet et ai pris connaissance de la rubrique
vous concernant (dont vous devez être l'auteure??)...  et par là même découvert
que votre compagnon était musicien.
 Je ne connais pas et n'ai jamais prétendu connaître votre peinture.
 C'est du reste pour cela qu'il convenait que vous sachiez en quoi consistent
les "Mercredi de Payrac" afin que vous puissiez juger si cette manifestation
peut avoir un intérêt pour vous autrement dit vous correspond. Mais apparemment,
vous ne m'avez pas écouté.
 Il est évident que tous les exposants peuvent vendre (sinon à quoi servirait il
d'exposer...).
 J'ai lu d'autre part vos commentaires sur ces "artistes" que vous semblez
particulièrement mépriser de même que le public qui fréquente les "kermesses
locales".  Alors je vous recommande d'apprendre la tolérance et, si vous le
pouvez, l'hummilité. Devrais-je vous rappeler que l'art est fait pour tous.
  Certains publics n'ont pas eu la chance d'y être initiés.
 C'était peut être là l'opportunité pour un pianiste de permettre à certains de
découvrir d'autres musiques. Les sonorités d'un piano dans le soir qui tombe
peuvent émouvoir des personnes dont la condition modeste ne saurait les priver
de sensibilité.
 Mais votre égo vous permet il de comprendre tout cela?
 Oui, je préside une association à vocation culturelle et je monte nos "Mercredi
de Payrac" pour constituer le trésor de guerre qui permettra de financer les
cachts d'artistes auxquels nous faisons appel tout au long de l'année. C'est
beaucoup plus difficile que de demander des subventions... dont la source n'est
autre que la poche du contribuable.
 Vous voulez être subventionnée? Ben voyons!
 D'autre part, comment votre fabuleux contrat avec les Coréens ne vous permet il
pas de changer votre Clio apparemment à bout de souffle?
 Comment se fait il que exposiez dans un bistrot alors que quelques lignes plus
haut vous n'en faites pas vraiment l'éloge?
 Aurez vous le courage et surtout l'honnêteté de portez ma réponse à la
connaissance de vs lecteurs?
 Veuillez, Madame, agréer l'expression de mes salutations distinguées.
 Guy-Antoine VEILLET-LAVALLEE
 Selon Ariane Lumen <alume@orange.fr>:
> Bonjour Monsieur,
>
> sur le lien suivant ma réponse !
> http://0z.fr/eXHcA
>
> slts sincères
>
> Ariane Lumen
>
> ----- Original Message -----
> From: <gavl@free.fr>
> To: <alume@orange.fr>
> Sent: Monday, June 25, 2012 12:20 AM
> Subject: Mercredi de Payrac
>
>
> >
> >
> > Madame,
> >
> > Pour faire suite à notre entretien téléphonique de ce jour, je vous prie
> > de
> > trouver, ci-attachés, les documents d'information concernant les mercredi
> > de
> > Payrac.
> > Le public important attendu devrait, en principe, donner des occasions de
> > débouchés aux artistes ou artisans créateurs qui seront présents.
> > En outre, une participation de votre mari pour animer une voire plusieurs
> > soirées au cours de l'été retient mon attention.
> > Merci de me faire part de vos impressions à votre meilleure convenance.
> >
> > Croyez, Madame, à l'assurance de mon très cordial souvenir.
> >
> > Guy-Antoine VEILLET-LAVALLEE
> >
>
La Bergère répond au Berger.........

Le président de l'association Quercy Beaucoup éprouva le besoin de me répondre et déplore que je le fasse passer « pour un bien triste sire ». Mais il met ainsi à l'épreuve mon courage et SURTOUT l'honnêteté dont il semble douter de porter sa réponse à la connaissance de mes lecteurs ! Je manque ni de courage et encore moins d'honnêteté. La réponse est publiée et tout cela sans censure et avec les fautes d'orthographes qui, je le pense relèvent plus de l'étourderie que de l'incompétence.

Penchons – nous alors sur l'article premier de la dite manifestation des « Mercredis de Payrac » :



ARTICLE 1 – Nature des participants.

Les participants sont :

-          des  restaurateurs ou traiteurs ambulants, dont le nombre est limité à douze maximum, qui proposent au public des plats cuisinés à consommer sur place.

-          des artistes créateurs ou artisans d’art qui souhaitent faire connaître leurs créations et bénéficier de la présence du public. 

La manifestation n’est en aucun cas un marché traditionnel pour produits alimentaires à emporter ou pour articles proposés par des revendeurs qui  ne sont pas admis.

 

Tous les exposants peuvent vendre (sinon à quoi servirait-il d'exposer......) Voilà ce que sa majesté n'a pas dit au téléphone, et voilà ce qui est bien dit dans l'article premier !!! L'artiste bénéficie de la présence du public et pour la somme modique de 15 € il a le droit de voir bouffer ce public pendant que des restaurateurs ou traiteurs ambulants proposent au public des plats cuisinés à consommer sur place. Intéressant, pour être bien au fait de ce type de manifestation – dans le Périgord on en regorge – je sais absolument que ces commerçants gagnent beaucoup d'argent. Ils sont à leur juste place dans ce type de manifestation. Le Parc des Cèdres de Payrac ne reçoit en fait qu'un vulgaire marché nocturne qui ne dit pas son nom , comme il y en a partout. Ici quand on transpire on sent la graisse de canard gras, le cassoulet vous fera péter toute la nuit et une fois la fête finie les voitures roulent rien qu'à l'odeur d'alcool des conducteurs qui échappe par les fenêtres ouvertes des voitures zigzaguant sur des routes tortueuses où les contrôles des gendarmes sont aussi rares que la vente – illégale selon le règlement « digne d'un centre d'éducation pour délinquants » - d'un de mes fabuleux tableaux.



aff urvalJe ne méprise pas le public qui fréquente les kermesse locales : j'ai dit que moi, Ariane Lumen à l'égo sur dimensionné, n'y mets pas les pieds avec mes tableaux. Monsieur sa majesté ne sait pas bien lire et ne comprend pas tout ! Comparer le bla bla d'un bistro, avec le très sympathique Bistrot d'Urval – car c'est de cela qu'il parle – est évidement hors sujet.



Mais le pianiste rate ainsi l'opportunité de permettre à « certains de découvrir d'autres musiques. Les sonorités qui d'un piano dans le soir qui tombe peuvent émouvoir des personnes dont la condition modeste ne saurait les priver de sensibilité. «  J'en aurais des larmes aux yeux!!! tellement que c'est beau. Un truc pour éviter la SACEM ? Mais bien sûr : Beethoven et Mozart n'encaissent plus depuis longtemps leurs droits d'auteurs. D'ailleurs, mais Monsieur Guy Antoine VEILLET-LAVALLEE ne le sait pas ou n'en a rien à faire : déjà à leur époque ces artistes étaient très mal payés par les sires et autres bourgeois. Une tradition que le sire lotois aimerait bien voir perdurer encore un peu.



Monsieur mon respectable sire préside une association à vocation culturelle dont la première vocation des d'organiser des soirées gourmandes lucratives où les produits du terroir sont à l'honneur (pourquoi pas !) mais pas les artistes qui accessoirement assurent l'animation. Et heureusement que ce type d'association n'est pas subventionnée. D'ailleurs c'est bien le seul point avec lequel je suis d'accord avec Monsieur le Président. C'est tellement laborieux de remplir la demande de subvention et le plus grand problème pour Monsieur le Président est qu'une fois la subvention accordée, il devra aussi rendre compte ! Vraiment je ne sens pas le coup ici, pas net tout cela ! Et enfin Monsieur le Président : le pianiste en question qui n'a pas envie de se produire devant un si modeste public est en même temps aussi président d'une association à vocation culturelle dont le but est d'aider et d'assister les artistes plasticiens etc etc. , et l'association fonctionne sans subventions !Toutes ces informations sont retransmises à l'association  pour éviter que des artistes professionnels tombent dans ce genre de piège. Votre manifestation est le meilleur exemple que ce qu'un artiste doit éviter.



Je crois vous avoir répondu avec courage et honnêteté, Monsieur Guy Antoine VEILLET-LAVALLEE , vous qui pensiez me mettre au défi ! C'est une plaisanterie, non ?



Ariane Lumen, artiste peintre.



   

 

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commentaires

Clovis Simard 17/08/2012 22:26


Blog(fermaton.over-blog.com).No.2- THÉORÈME CÉZANNE.


LA GÉOMÉTRIE DE L'ART.

louis petriac 26/06/2012 07:54


Cela donne à réfléchir... Effectivement !

Présentation

  • : Ariane Lumen
  • Ariane Lumen
  • : Pour la vague qui se soulève, Un peu d'amour...un peu de peur Quelque part le jour se lève Et quelque part un oiseau meurt Membre fondatriçce du Collectif Artistique de Saint Georges de Montclar
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